Au sens le plus large, la musique est l'art consistant à arranger et ordonner les sons et les silences au cours du temps : le rythme est le support de cette combinaison temporelle, la hauteur celle de la combinaison fréquentielle, etc.

Jazz à Madagascar : un demi-siècle


L’histoire du jazz à Madagascar remonte à 1950, par le biais de quelques familles amateurs de musique, à savoir Rabeson, Berson, Rahoerson, Rakotoarivony, Arnaud Razafy, Stormy.

A l’origine, ces familles ont animé des soirées dansantes avant de s’orienter vers le jazz. Un premier concert, combinant tous ces grands noms, a été organisé au Fumarolli (actuellement Immeuble Caveau), un des rares endroits fréquentés dans la capitale à l’époque. La prestation a vu la participation, entre autres, de Jeanot Rabeson au piano, Etienne Ramboatiana à la guitare, les frères Rabeson aux saxophones.
En 1960, ces grandes familles musiciennes ont travaillé étroitement avec le Centre culturel Albert Camus, quartier général du jazz de l’époque.
Arnaud Razafy, les frères Rabeson et d’autres musiciens ont créé le «Jazz Club de Tananarive». Les ateliers, concerts, rencontres de musiciens amateurs existaient déjà alors.

A son arrivée à Madagascar, un musicien français, Jeff Gilson a encouragé Arnaud Razafy et les autres de produire ensemble un disque vinyle 33 tours, le premier du jazz malgache et intitulé «Malagasy Gilson». Le titre «Avaradoha», de Serge Rahoerson, y figurait. De fait, Madagascar est le deuxième pays africain ayant des musiciens virtuoses de jazz après l’Afrique du Sud.
L’évolution du jazz à Madagascar a été interrompue pendant les évènements politiques de mai 1972, entraînant un vide culturel. En 1973, les grands noms du jazz malgache, entre autres Arnaud Razafy, les frères Rabeson, Arly Rajaobelina, se sont éclipsés à l’étranger. Ainsi, Arnaud Razafy a amplifié sa recherche en matière de jazz, et a côtoyé des musiciens célèbres comme Charlie Mingus. Grâce à ces différents échanges, il a pu sortir un disque 33 tours, «Madajazzcar». (Style : free jazz mélangé avec la musique traditionnelle du Sud malgache)

La renaissance
Les musiciens locaux ont été confrontés à des problèmes moraux et matériels entre 1975 et 1985, année où Madagascar s’ouvre à l’importation. Alain Razafinohatra, Dédé Rabeson, Tovo Andrianandraina ont donné vie au jazz à Antananarivo durant une décennie entière. Grâce à cet élan et cette volonté dans la multiplication des activités, le jazz s’est réincarné, grâce à la contribution de Dr Alain Razakatiana, Bruno Razafindrakoto, Henri Rakotondrabe, et la collaboration de l’Alliance Française de Tananarive.
Longtemps plongé dans la dèche, le jazz malgache prend un coup de jeune. Grâce à l'acharnement de quelques maîtres de la partition, la santé de la musique improvisée à Madagascar va bien.
Les jeunes musiciens se reconnaissent en jouant les standards des années 60 et 70. Ce sont des autodidactes par leurs improvisations, et une certaine aisance se dégage de leur propre feeling, comme pour Joël Rabesolo et Mahatojo, lauréats du concours Découverte de la Radio Lazan’Iarivo.