Madagascar ou I'île Continent est une des dernières terres de ce monde
où sont venues s'échouer de nombreuses cultures, faisant de la culture
de ce pays le produit d'un métissage assez particulier.
Au niveau de l'art musical et instrumental, on trouve représentés
tous les apports culturels composant la civilisation malgache. C'est
ainsi que l'on observera, pour prendre les plus marquants d'entre eux,
ayant de plus l'avantage d'ajouter au témoignage matériel, le
témoignage linguistique que des instruments de musique tel le hautbois
(ayant pour nom anjomary nom donné aussi à certaines troupes malgaches)
nous renvoient au nzumara qui n'est autre que le nom d'un hautbois
présent dans tout le monde arabe.
De même un hochet malgache porte le nom de
kayamba, emprunt venant d'Afrique où le même nom désigne des hochets en
radeau de la côte Est africaine.
Nous ajouterons à cette liste le gorodao, qui
n'est autre que le nom malgachisé de l'accordéon européen qui a connu à
Madagascar un essor considérable.
Pour en finir avec les références aux différentes
cultures, nous citerons la volo ou cithare sur tuyau plus connu sous le
nom de valiha qui désigne par le même nom, le même instrument de
musique en cours en Asie du Sud-Est.
Tous ces instruments qui révèlent par leur présence des apports
culturels d'origine arabe, africaine, européenne ou austronésienne,
font partie intégrante de la culture malgache.
Dans ce pays, trente années de présence d'un objet suffisent pour que celui-ci soit assimilé totalement par la culture malgache.
Dans l'état actuel de nos recherches, nous savons
que des instruments de musique n'ont pas résisté aux turbulences de
l'histoire de la Grande île. Néanmoins, un rapide état des lieux fait
apparaître une richesse instrumentale et musicale qui continue à se
manifester à l'occasion des nombreuses cérémonies qui jalonnent la vie
sociale et culturelle malgache, sans oublier le quotidien où chaque
réjouissance est une opportunité pour le musicien malgache tant
professionnel qu'amateur de musique.